Celles qui Crient
Création chorégraphique
Distribution
Chorégraphe : Muriel Merlin Vidil
Interprètes : Sandrine De Bernardie, Anne-Laure Chelle, Muriel Merlin Vidil
Note d'intention
L’enfermement au féminin
Je suis une femme, née en Guyane à Saint Laurent du Maroni — une commune dont le patrimoine porte encore les traces de l’univers carcéral du camp de la Transportation. Cette histoire pèse. Elle questionne. Mes aspirations, mes choix, mon rapport au monde sont le produit d’une époque, de combats politiques et de coutumes millénaires.
J’ai voulu comprendre. J’ai lu, observé, et dressé l’inventaire des préjugés qui m’assaillent en tant que femme : la parole serait féminine et l’acte masculin ; les femmes seraient gouvernées par le culte du corps ; une femme ne devrait pas trop briller intellectuellement. D’où viennent ces assignations ? Existe-t-il un enfermement — physique et spirituel — de la femme dans la société, et par la société ?
Le processus
« Celles qui Crient » naît du texte de Dario Fo et Franca Rame, « Moi, Ulrike, je crie… ». Le spectacle retrace l’histoire d’Ulrike Meinhof, membre de la Rote Armee Fraktion, retrouvée pendue dans sa cellule en 1976. À travers ce récit, la pièce interroge la prison comme réponse systématique à celles et ceux qui contestent, qui protestent, qui osent rêver d’une autre société.
En parallèle, nous menons un travail de recherche sur les archives d’époque : l’enfermement des femmes dans les prisons modernes, la mémoire du Bagne à Saint Laurent du Maroni. Ce travail se nourrit d’écrits romancés, de documents d’époque, d’enregistrements audio et de témoignages recueillis en collaboration avec le service patrimoine.